
Cette radio est
gérée par une association "loi 1901" du
même nom. Les buts principaux sont :
- Développer les moyens d'information de communication et
d'expression en Margeride
- De participer au développement de la vie associative et
culturelle
- De soutenir les initiatives sociales et économiques
Ayant vu le jour avec
souvent de modestes moyens, les radios qui ont souhaité et
pu perdurer, n'y sont parvenu qu'en s'adaptant à des
progrès aussi rapides que sophistiqués tels que
l'informatique et internet. Ceci sachant qu'au delà des
évolutions matérielles, les plus importantes sont
ailleurs.
En vingt ans nous avons appris la radio: la maîtrise de la
parole, du langage, de l'organisation. Combien de nos jeunes
bénévoles, ou employés temporaires,
sont-ils repartis de la Radio mieux armés pour affronter la
vie ? Au regard du devenir de ces jeunes, le bilan est plutot
satisfaisant.
Dans un autre domaine, sachant que la parole est une composante active
aussi bien du pouvoir que de la liberté, nous pouvons
légitimement estimer contribuer, à notre niveau
et dans la limite de nos moyens, à prolonger la
réalité de la démocratie au niveau
local. Cette action se concrétisant par les interventions
à l'antenne de tous ceux qui estiment avoir des choses
à dire.
Nous
avons occupé un territoire (un terrain).
Au regard du
taux de densité de population cité plus haut,
l'isolement de ces zones de montagne est bien sur évident.
Comme je vous l'ai indiqué également, les
habitants, et donc nos auditeurs, sont des ruraux dispersés
et isolés.
Ici internet n'est encore aujourd'hui que l'idée d'un outil
complexe destiné à des spécialistes
urbains et donc très peu présent. Les
médias écrits, quant à eux, ne sont
que peu intéressés par ces zones peu
peuplées.

En revanche, tout un
chacun détient un poste de radio qui est parfois l'un de
leur seul lien quotidien avec l'extérieur. Petit
à petit, les radios ont
pénétré ces contrées. Et
pas uniquement chez les personnes seules, pour qui elles
représentent une présence devenue indispenssable,
mais aussi au sein des établissements tels que maisons de
retraites, ateliers artisanaux, petites unités de
fabrication, commerces, dont nombre est branché sur la radio
locale.
Ainsi, en vingt ans, la radio s'est imposée
j'usqu'à devenir une nécessité
sociale. Au point que nous ne sommes pas loin de penser que le vide
suscité par leur éventuelle disparition devrait
être comblé par les services sociaux.

Nous
sommes devenus des marchands de bonheur... A titre gracieux.
Je ne suis pas
généralement quelqu'un d'une
sensibilité excessive. Pourtant, je peux
témoigner ici que certains couriers que nous recevons sont
émouvants. Lorsqu'une mamie perdue dans son village
écoute sur nos ondes la chanson que lui a
dédicacé sa fille résidant
à Paris ou à Marseille, inutile de vous
décrire son moment de bonheur.
Qui d'autre que la radio locale pour proposer ce genre de petite joie,
de petit instant magique ? Personne d'autre en fait pour une telle
proximité. Combien de personnes seules nous appellent-elles
dans l'unique but de parler à quelqu'un ?
Que les personnes ecclésiastiques me pardonnent, mais ne
jouons nous pas, parfois, le rôle d'un curé...
laïque ?
Outre le rôle éminemment social, nous sommes
égalemment devenus des soutiens à
l'identité culturelle de nos territoires. Le fait
d'être situés au coeur même des lieux de
vie de personnes composant notre auditoire nous a permis de mieux
appréhender et comprendre leurs attentes. Nous avons ainsi
pu, par exemple, réaliser combien elles étaient
imprégnées par leur histoire et leur
passé.
Troubadours, groupes folkloriques, violonistes,
accordéonistes, vielleux hantent toujours les tiroirs
musicaux de l'inconscient collectif. A noter à cet
égard que ces activités artistiques sont toujours
(plus que jamais) bien présentes et vivantes dans nos
contrées. Souvent considérées commes
"ringardes" il y a quelques décennies, elles ont
effectué ces dernières années un
retour en force, et en particulier (aussi étonnant soit-il)
auprés des jeunes générations. Ce
regain d'engouement révèle, de le part de cette
jeunesse, une volonté d'affirmation de leur appartenance
culturelle.
Ces choix de programme (éludant quelque peu les cultures
d'outre Atlantique) ne doivent pas être compris comme un
esprit de fermeture à l'égard de nos voisins plus
ou moins lointains. Simplement comme un désir profond
d'entretenir et de faire vivre notre propre patrimoine culturel, et
plus particulièrement musical, si riche à lui
tout seul.
Nos activités ne se limitent pas cependant à la
sauvegarde et à la pérennisation du patrimoine
culturel:
Nous
apportons aussi le service.
Ces services sont nombreux et
variés. Par exemple celui des petites annonces, soutien
précieux pour retrouver un animal perdu, pour vendre un
tracteur, ou encore pour trouver un travail (en partenariat avec les
ANPE locales). Qelle n'est pas alors notre fierté, apprenant
que l'un de nos auditeurs occupe un emploi où il
s'épannouit...Et ce avec l'aide de la radio.
De même qu'un témoignage nous rapportant le vif
succès connu par une récente manisfestation
locale... Toujours grace aux annonces ou émissions que nous
proposons.
Nous annonçons également tous les
évennement de la vie locale: journées portes
ouvertes d'un établissement scolaire, collecte de sang,
programme des cinémas, informations professionnelles des
secteurs agricoles et artisanaux, ... On peut ainsi
sincèrement considérer être des acteurs
à part entière de la dynamique
économique régionale.
Au final, on peut, toujours modestement, être légitimement fiers du bilan qu'affichent les radio associatives comme Radio Margeride.
Pour ma part, je souhaite que l'avenir permette de poursuivre cette merveilleuse aventure.
Jacques Viala
President Radio Margeride
